[CRÉATION VOCALE IN SITU]

Peut-on faire vibrer l’art ?
Recherche artistique sur la voix, les œuvres et les lieux
Que se passe-t-il lorsqu’une voix rencontre une œuvre d’art ?
Cette question guide le travail de Vanessa Hidden depuis plusieurs années.
Au fil de créations réalisées dans des lieux d’exposition, la compositrice prend le temps de regarder les œuvres, de se documenter sur les artistes, leurs parcours, leurs écrits ou les témoignages qu’ils ont laissés. Elle s’immerge aussi dans l’acoustique des espaces et laisse peu à peu ces éléments influer sur ce qui surgit dans l’improvisation in situ, puis dans la structuration de la composition.
Cette expérience a progressivement ouvert une autre manière d’envisager la rencontre avec une œuvre : le regard n’est pas seul en jeu. L’écoute peut, elle aussi, trouver sa place et faire naître une création vocale intimement liée au lieu qui l’accueille.
Peut-on faire vibrer l’art ? est le nom donné à cette recherche.
La voix seule, a cappella, cherche au contact des œuvres et de l’acoustique du lieu. Des matières vocales apparaissent, certaines disparaissent, d’autres persistent. C’est à partir de cette expérience que la composition se construit.
De ce processus naissent des créations vocales originales, des performances, des enregistrements ou des parcours sonores. Chaque réalisation reste liée au contexte dans lequel elle a été créée.
Le projet ne cherche ni à expliquer les œuvres ni à les illustrer. Il explore ce qui peut naître du dialogue entre une voix, une œuvre et l’espace singulier qui les réunit.
Le texte qui suit retrace les différentes étapes de cette recherche, depuis les premières Résonances jusqu’aux créations développées aujourd’hui au sein de lieux d’art contemporain.
Les étapes de la recherche
Vanessa Hidden nomme Résonances les compositions vocales créées in situ. D’une étape à l’autre, elles retracent l’évolution de cette recherche, nourrie par les œuvres, l’acoustique des lieux et l’improvisation.
Résonance — La Capelleta de Céret
Les premiers dialogues
Les premières Résonances naissent au sein d’une exposition collective présentée à la Capelleta de Céret, aux côtés des artistes Claude Espada, Henry Lacotte (Hachel) et Jean-Jacques Grand.
Sculptures, peintures, calligraphies et création vocale cohabitent dans un même espace. Vanessa Hidden y expérimente une autre manière de chanter au contact des œuvres : non plus seulement interpréter une musique devant elles, mais improviser à partir de leur présence et de l’espace qu’elles partagent avec la voix.
Cette première expérience ouvre la recherche qui donnera naissance aux Résonances suivantes.
Résonance en images – La Capelleta de Céret


Résonance — The Open Door (2024)
Le L.A.C. comme premier terrain d’expérimentation
À la suite des premières Résonances développées à la Capelleta de Céret, Vanessa Hidden souhaite poursuivre cette recherche au sein d’un lieu d’art contemporain.
Elle propose au L.A.C. – Lieu d’Art Contemporain de Sigean une première phase de travail in situ.
Pendant l’exposition The Open Door, d’Aude Hérail Jäger et Tisna Westerhof, elle prend le temps de découvrir les œuvres et l’espace, puis improvise vocalement dans les salles. La voix seule, a cappella, cherche au contact de l’acoustique du lieu et de la présence des œuvres.
De cette immersion naît une première création autour de l’installation Je dois dormir, d’Aude Hérail Jäger.
Cette expérience précise la démarche : une œuvre peut devenir le point de départ d’une création vocale originale, élaborée dans le lieu même où elle est présentée.
Elle ouvre aussi une collaboration durable avec le L.A.C., poursuivie en 2026 avec Que du papier IV, puis avec la commande de création autour des œuvres de Roger Bissière et Jean Messagier.
The Open Door, au L.A.C. – Lieu d’Art Contemporain de Sigean (Occitanie). « Je dois dormir » — Aude Hérail Jäger. Avec l’aimable autorisation du © L.A.C. et de © Aude Hérail Jäger.

Résonances — Que du papier IV
Poursuivre la recherche au L.A.C.
Printemps 2026
Au printemps 2026, Vanessa Hidden propose au L.A.C. de poursuivre le travail engagé lors de The Open Door. Elle y revient à l’occasion de l’exposition Que du papier IV, notamment au contact de la série photographique A.P.N.E.A. de Sylvie Romieu.
À cette période, son intérêt pour l’écopoétique nourrit sa réflexion artistique et influence sa manière d’aborder les œuvres, l’espace et l’improvisation in situ.
De ce travail naissent trois nouvelles Résonances, compositions pour voix seule a cappella, écrites et chantées en français.
Ici, la composition se nourrit autant des œuvres et du lieu que des préoccupations artistiques qui traversent alors son travail.
Peut-on faire vibrer l’art ? — Roger Bissière & Jean Messagier
Été 2026
À l’été 2026, le L.A.C. – Lieu d’Art Contemporain de Sigean confie à Vanessa Hidden une commande de création autour des œuvres de Roger Bissière et Jean Messagier.
Cette nouvelle étape prolonge les recherches menées depuis les premières Résonances et donne naissance à six nouvelles compositions pour voix seule a cappella, créées spécifiquement pour l’exposition.
Les Résonances sont interprétées en direct dans les espaces du L.A.C., au plus près des œuvres et dans l’acoustique réverbérante du lieu.
En parallèle, un parcours sonore propose au visiteur une autre manière d’entrer dans le projet et de parcourir l’exposition à son propre rythme.
Peut-on faire vibrer l’art ? se construit ainsi de lieu en lieu : chaque nouvel espace ouvre une nouvelle recherche et donne naissance à de nouvelles Résonances, pensées à partir des œuvres et du lieu qui les accueille.
Avec l’aimable autorisation du © L.A.C. et des familles Bissière et Messagier
Photographies du L.A.C. © David Huguenin
